Les Gastro-Entérites Néonatales

Les différentes causes de diarrhée

Les diarrhées résultent d’une perturbation de l’absorption des aliments ingérés au travers de la muqueuse intestinale, souvent accompagnée d’une fuite importante d’eau de l’organisme vers l’intestin à travers cette muqueuse.

On distingue chez le jeune veau (de 2 jours à 3 mois) :

 

  • Les diarrhées bactériennes : ce sont les plus fréquentes et les plus connues. Elles sont essentiellement dues à Escherichia coli (colibacille), mais aussi à Salmonella. Elles peuvent survenir dès le 1er jour de vie du veau.
  • Les diarrhées virales : les rotavirus, coronavirus, le virus du BVD peuvent coloniser l’intestin. Ces virus sont souvent associés à des bactéries.
  • Les diarrhées parasitaires : les principaux parasites responsables de diarrhées sont les coccidies et les cryptosporidies. 
  • Les diarrhées alimentaires : elles sont liées à des changements brutaux de la quantité ou de la composition du lait tété (changement de ration des mères par exemple, ou changement de marque du lait de substitution, mauvaise dilution, servi trop froid…) ou à des horaires de tétée irréguliers. Le caillage du lait dans la caillette est absent ou incomplet et le lait resté à l’état liquide transite rapidement dans les intestins.

Le plus souvent, les diarrhées du jeune veau sont dues à plusieurs causes agissant en même temps. Pour les diarrhées infectieuses (bactéries, virus) et parasitaires, les veaux se contaminent par voie orale à partir de la peau des trayons de leur mère, de la litière, du matériel (tétines, seau…), des aliments ou de l’eau souillés par des matières fécales contenant des germes de diarrhée. 

 

Les conséquences d'une diarrhée

 

Bactéries et virus, par leur action sur la muqueuse digestive, sont à l’origine d’une perte d’eau et de sels qui entraîne une déshydratation, une acidose sanguine et une perte de poids. Mais il faut aussi faire attention aux problèmes secondaires. En effet, le tube digestif représente une voie d’entrée pour des germes pouvant conduire à d’autres affections : omphalite (gros nombril), arthrite, méningite, syndrome pneumo‐entérite… Les diarrhées peuvent avoir des conséquences graves : maladie, retards de croissance, mortalité, pertes économiques. 

 

Les éléments à surveiller

Les veaux malades doivent être détectés le plus tôt possible afin de les isoler et de les soigner. L’éleveur doit être particulièrement attentif à :

  • La température rectale des animaux : fièvre (au‐dessus de 39,5°) ou hypothermie (en dessous de 38°).
  • Le refroidissement des extrémités.
  • L’état d’hydratation : la déshydratation est repérable par le pli de peau qui ne s’efface pas, l’enfoncement du globe oculaire ou la sécheresse du mufle.
  • L’abattement et l’incapacité à se tenir debout (effets de l’acidose ou de la déshydratation).
  • Le réflexe de téter et la baisse de l’appétit.
  • La dilatation de l’abdomen et l’aspect des selles (couleur, odeur, consistance, présence de sang, de glaires…). 

La prévention des diarrhées

Le point essentiel est une distribution rapide et en quantité suffisante de colostrum . Cette première sécrétion lactée n’est pas uniquement nutritive : elle apporte aussi des anticorps produits par la mère, indispensables à la protection du veau. L’idéal est que le veau absorbe 1,5 litres de colostrum dans les 2 premières heures puis 4,5 litres dans les 24 heures qui suivent la naissance. La qualité du colostrum peut être mesurée à l’aide d’un pèse‐colostrum : à plus de 100 g/l d’immunoglobulines, il est excellent et de 50 à 100 g/l, il est moyen à bon.

Il est toujours intéressant de constituer une réserve de bons colostrums : réfrigérés à 4°C (1 mois maximum) ou congelés (1 an maximum). La décongélation se fera lentement au bain‐marie à 60°C pour ne pas endommager les anticorps (surtout pas au micro‐ondes !).

 

Les veaux doivent être maintenus dans de bonnes conditions d’hygiène et d’ambiance . L’éleveur doit porter une grande attention à l’environnement des jeunes veaux : regroupement par âge identique, litière suffisante, propre et sèche (il existe des asséchants de litières contenant des lactobacilles qui, en se multipliant, prennent la place des bactéries pathogènes), sans densité animale excessive, ambiance (éclairage, aération, humidité, température…) et séparation des animaux malades. La désinfection du cordon ombilical est elle aussi, importante. Plus la saison de vêlage avance et plus la « pression microbienne » (la charge en microbes dans les étables) augmente car les veaux malades multiplient ces germes. 

 

La prévention des diarrhées des veaux passe par la bonne santé des mères : vaccination (qui permet d’enrichir le colostrum en anticorps contre les principaux pathogènes : colibacille, rotavirus, coronavirus, virus du BVD), alimentation (qui assure la couverture en énergie et en azote, en maintenant un état corporel correct, apport suffisant en vitamines et minéraux), contrôle du parasitisme (en particulier la grande douve), hygiène de la mamelle, absence de stress… 

 

 

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