L'écornage des bovins

Écorner les veaux

  • Le bon moment

Il est préférable d’écorner les veaux avant l’âge de 6 semaines. L’intervention est plus aisée, plus rapide et moins traumatisante pour le jeune animal. L'anesthésie est obligatoire après 4 semaines d'âge.

  • La bonne technique

Deux techniques sont utilisables : l’écornage chimique (crayon ou pâte à badigeonner) ou l’écornage thermique (électrique). Quelle que soit la technique retenue, plusieurs précautions s’imposent : immobiliser fermement la tête de l’animal pour éviter tout mouvement intempestif et tondre le sommet de la tête afin de localiser parfaitement les futurs cornillons.

 

Il faut utiliser une technique rapide et bien maîtrisée, isoler le veau pendant quelques heures en cas d’écornage chimique (risque de brûlure de la mamelle de la mère) et surveiller le veau pendant les heures qui suivent l’intervention. 

 

Concernant l'écornage thermique, contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire que le cornillon soit arraché pour procéder à l’écornage. L'écornage des jeunes animaux consiste en fait à couper l'alimentation des veines périphériques et non pas à calciner le cornillon. Sans irrigation, ce dernier ne pousse plus. Les repousses partielles de cornes sont généralement la conséquence d'un travail imparfait, soit parce que réalisé trop tard (le diamètre de l'embout du cautérisateur est alors insuffisant et il ne détruit pas tous les tissus périphériques), soit parce que seule la pointe du cornillon est traitée, et non pas le pourtour de la base du cornillon. Nous conseillons de cautériser 10 secondes en moyenne avec un sillon de 4 à 5 mm. Une désinfection à la bombe est indispensable.

 

La pâte à écorner est efficace mais provoque une douleur de longue durée par brûlure chimique. Cette technique doit obligatoirement être accompagnée d'une bonne gestion de la douleur.

  • La bonne gestion de la douleur

La gestion de la douleur permet un gain de temps, une meilleure récupération du veau ainsi qu'un meilleur GMQ. Une administration d’anti‐inflammatoires 20 minutes avant l'opération permet de gérer cette douleur. Les différents médicaments nécessaires seront obtenus par l'éleveur auprès de son vétérinaire avec une délivrance sur ordonnance. Leur utilisation sera notée sur le carnet sanitaire. Nos vétérinaire recommandent l'utilisation du Metacam par voie sous-cutané à la dose 2,5ml/100 kg.

 

 

Ecorner les bovins adultes

 

La loi est beaucoup plus stricte pour les bovins adultes et l’opération est plus difficile.

 

L’écornage « complet » (ablation de la totalité de la corne) des bovins adultes n’est pas recommandé et doit rester exceptionnel, suite à un traumatisme par exemple. Un épointage à 8 cm du crâne est généralement suffisant et moins risqué. A noter que l’écornage est interdit chez les femelles pendant les deux mois qui précèdent le vêlage.

 

L’anesthésie ou la tranquillisation sont obligatoires pour l’écornage, la destruction ou l’ablation de la partie produisant la corne. Si l’anesthésie générale résout à la fois le problème de la contention et de la douleur, une anesthésie locale est généralement suffisante. Elle consiste à injecter un anesthésiant local dans la salière (dépression située en dessous de chaque corne).

 

Il est préférable de ne pas écorner pendant la saison chaude, pour éviter que les mouches ne viennent pondre dans les sinus. Ne pas écorner non plus pendant les périodes froides et venteuses pour limiter les risques de sinusite. Si la coupe est réalisée à moins de 6 cm de la base de la corne, le sinus est généralement ouvert (surtout chez les animaux âgés). Il faut alors appliquer sur la coupe un pansement pour faciliter la cicatrisation et fermer le sinus. Il sera retiré pour éviter l’effet mèche après quelques jours. Si la section est réalisée loin de la base, le sinus est fermé et les risques d’infection sont moindres.

 

La pose d’un garrot en caoutchouc est utile pour minimiser les risques d’hémorragie ; il doit être retiré au plus tard 24 heures après l’intervention.

 

Une désinfection soignée du site d’intervention s’impose. 

 

©Centravet